28 novembre 2014

Le nouvel âge d'or des teen movies



J'ai écrit un nouvel article pour Slate sur un thème qui me tient très à coeur : les teen-movies (et en particulier la nouvelle vague de teen-movies dit "réalistes")

Vous pouvez le lire ici.

16 octobre 2014

Country Music



Ces derniers mois, je nourris une passion de plus en plus vivace pour la country music. Moi qui n'ait écouté pratiquement que du rap à l'adolescence, j'ai l'impression que l'âge me fait devenir plus blanc que jamais.

Il y a eu deux déclencheurs à ce récent engouement, je crois. Le premier : la série Nashville. Le deuxième : la BO du premier Hunger Games.

Quand j'allais passé mes étés aux Etats-Unis dans les années 90, je trouvais ridicule tous ces jeunes ados qui n'écoutaient que ça. J'avais l'impression qu'ils étaient vieux avant l'âge, qu'on pouvait décemment pas avoir 16 ans et écouter la même musique que ces parents. Aucun respect pour leur adolescence ! C'était un affront à John Hughes.

C'est pourquoi la country avait, jusque là, éveillé en moi que mépris. Mais j'ai 35 ans maintenant. Je suis un adulte. Et, désormais, j'aime la country. Ca me semble moins honteux.

Reste toutefois que j'aime seulement un certain type de country. La country de stade, celle qui truste les ventes aux Etats-Unis, j'arrive pas. Les mecs qui portent le stetson comme une marque de street-cred, je trouve ça toujours aussi ridicule - tout comme leur musique. Les Tim McGraw, Keith Urban, Kenny Chesney ou Blake Shelton, je peux pas. Idem pour les filles comme pour, par exemple, les premiers albums de Taylor Swift ou ceux de Carrie Underwood.

Bref, si vous regardez Nashville, je suis pas trop Rayna James, Juliette Barnes, Luke Wheeler ou Will Lexington. Par contre, Scarlett O'Connor et Gunnar Scott, ça c'est la country que j'adore. Une country peut-être un peu plus folk, plus tendre, plus intimiste, plus "alternative", sûrement une country aussi plus "old school", plus classique, plus proche des sons originaux avant que la pop-music et le rock viennent tout saloper.

Alors, comme je n'y connaissais rien mais alors rien du tout, je suis parti à la recherche d'artistes des années 2000 qui correspondraient à ce son que j'adorais en regardant Scarlett et Gunnar dans Nashville. En partant des artistes que je connaissais et adorais déjà (Brandy Clark, First Aid Kit, Caitlin Clark), j'ai utilisé Spotify et son moteur de recommandation et j'ai commencé à construire, depuis tout pile un an, une playlist qui commence à tenir la route.

C'est pourquoi je la partage désormais avec vous. Il y a pour l'instant une quarantaine de chansons. Mais j'en rajoute régulièrement. Alors, pensez à vous y abonner si vous adorez, comme moi, ce genre de son ou si vous voulez simplement découvrir des artistes dont vraiment personne ne parle en France.

(Et si vous connaissez des artistes qui auraient, selon vous, leur place dans cette playlist, n'hésitez pas à les signaler dans les commentaires)

Ca s'écoute derrière ce lien.


10 octobre 2014

L'objectification des acteurs d’Hollywood



J'ai écrit un nouvel article pour Slate, cette fois sur l'objectification des corps masculins à Hollywood. C'est à lire ici.


14 août 2014

Avec la diffusion du Cercle des Poètes Disparus, France 2 a fait aimer Robin Williams à toute une génération de Français


Le jour de l'annonce du décès de Robin Williams, Slate a publié un article sur la raison pour laquelle Hook était devenu un film culte et mille fois revu pour toute une génération d'enfants nés à la fin des années 80 et début des années 90. Pour résumer : Quick offrait des VHS du film avec leurs menus.

Etant né à la fin des années 70, je ne fais pas partie de cette génération ayant découvert Hook en VHS. Je fais partie des plus de 3 millions de Français ayant vu Hook au cinéma en France. J'avais 13 ans. C'était à la fois le premier film de Steven Spielberg que je voyais au cinéma, ainsi que le premier film de Robin Williams.

Evidemment, en bon enfant des années 80, nourri à la télé et aux vidéo-clubs, ce n'était pas leurs premiers films que je voyais. En particulier de Robin Williams dont j'avais vu les fameux Good Morning Vietnam (à la télé) et Le Cercle des Poètes Disparus (en VHS).

Des films qui, je dois l'avouer, m'étaient, à l'époque, passés complètement au-dessus de la tête.

Mais, lorsque France 2 a diffusé le film pour la première fois en clair, trois ans et demi après la sortie en salles, j'avais grandi. Ma voix avait mué (un peu). Du poils avait poussé sur mes jambes (un peu). J'étais prêt.


C'était le le 5 septembre 1993. J'avais 14 ans. Le lendemain, c'était le jour de la rentrée. Et pas n'importe laquelle : la rentrée de seconde. Le lendemain, pour la première fois, j'allais mettre les pieds au lycée. Le lendemain - je ne le savais pas encore - j'allais débuté ce qui s'avérerait la pire année scolaire de ma vie. Mais c'est un autre sujet et dont j'ai déjà parlé ici.

A part des trucs assez simples comme "carpe diem", j'étais trop jeune et naïf pour comprendre Le Cercle des Poètes Disparus la première fois. A 14 ans, sur le point de rentrer au lycée, je l'étais moins. Et ça m'a marqué. Parce que, le lendemain, au moment de découvrir mon emploi du temps, le nom de mes profs et ceux et celles qui allaient me martyriser ou me briser le coeur, tout le monde en parlait.

Du Cercle des Poètes Disparus.

Tout le monde avait regardé. Déjà, parce qu'il n'y avait alors que six chaînes de télé et, surtout, parce qu'on avait tous l'impression qu'on allait vivre, le lendemain, la même chose que Neil Perry et Todd Anderson.

Apprendre à être initié à la vie d'adulte.


Oui, je sais. Mais à quoi sert la jeunesse sinon d'avoir des illusions.

Mais 21 ans plus tard, je m'en souviens encore. Presque comme si c'était hier. Un moment qui m'a d'autant plus marqué qu'il a eu, quelques jours plus tard, une résonance.

Cet écho, il a eu lieu dans la série Seconde B, une série voulue par le service public comme le versant réaliste de Premiers Baisers et Hélène et les garçons, les séries jeunes neuneus qui vivaient alors leur âge d'or.

Et réaliste, elle l'était : Nadia, Mickael, Pauline, Jimmy et Kader nous ressemblaient. Ils étaient au lycée en banlieue comme nous. Ils s'habillaient comme nous (ils portaient les même vêtements d'épisodes en épisodes, des vêtements qu'il était souvent faciles de retrouver chez Decathton, Pimkie et autres), parlaient comme nous, avaient les mêmes posters dans leur chambre et leurs préoccupations étaient (plus ou moins) les mêmes que les nôtres. Cette série, malgré sa production value assez sommaire, on la regardait tous. Elle était bien dans l'ère du temps. Et on avait tous le même âge que les personnages.

Et quelques jours seulement après la rentrée de seconde et ses infinies discussions sur Le Cercle des Poètes Disparus, Seconde B a franchi un cap dans le réalisme. Cette fin d'après-midi de septembre 93, France 2 a en effet diffusé un nouvel épisode qui commençait avec des dialogues qui ressemblaient à peu près à ça :

"Je me suis couché super tard hier soir. J'ai regardé Le Cercle des Poètes Disparus à la télé."


Donc, partir d'un Quick avec une cassette VHS sous le bras est sûrement propice à rendre culte un film pour toute une génération. Mais laissez-moi vous dire que ce n'est rien en comparaison d'être directement télé-transporté dans une série télé.

Et voilà pourquoi Le Cercle Des Poètes Disparus et Robin Williams ont tant marqué les gens nés à la fin des années 70 (en tous les cas, moi).

Robin Williams, où que tu sois, tu vas nous manquer.

07 mars 2014

Hollywood est-il prêt pour un acteur de films d'action ouvertement gay ?


J'ai écrit un article pour Slate qui parle de l'homosexualité et du taboo des acteurs de films d'action à faire leur coming-out.

C'est à lire ici.

13 février 2014

Mon hommage à Philip Seymour Hoffman


J'ai écrit un article-hommage à Philip Seymour Hoffman pour Slate.fr. J'y parle sans fausse pudeur et sans politiquement correct de cet acteur qui a su s'affranchir de son physique hors-norme pour devenir une vraie star de cinéma hollywoodienne.


23 janvier 2014

Mes films préférés de 2013

Si vous avez été un peu attentif, vous saviez que j'avais déjà publié mon top annuel sur Slate.fr. Mais je l'ai fait un peu tôt, à un moment où il me manquait une bonne partie des films de fin d'année à voir. Comme c'est souvent le cas, il était possible que des films viennent s'intercaler. Ca n'a pas été le cas. Alors, je reposte mon Top 10 annuel ici, cette fois avec commentaires. C'est une tradition. Voici donc les 10 films que j'ai préféré parmi les 164 que j'ai vu en 2013 au cinéma. Un nombre à peu près similaire à celui de 2012 : je garde le rythme d'une moyenne de 3-4 films vus en salles par semaine.


1. LE MONDE DE CHARLIE
C'est mon livre préféré. Est-ce que j'étais anxieux du résultat au cinéma. Pas vraiment. J'ai aimé le film pour exactement les mêmes raisons que j'ai aimé le livre. Le ton y est parfaitement retranscrit, les émotions exactement les mêmes grâce à un scénario qui épouse toutes les subtilités du roman sans en faire trop et grâce à des acteurs absolument parfaits dans leur rôle respectif. Est-ce que des choses à peine évoquées dans le livre aurait pu être totalement supprimé du film ? Oui, sûrement. Est-ce que ça m'a gâché le plaisir ? Pas vraiment.

2. FRANCES HA
L'amitié. Le travail. L'amour. L'impossibilité de se situer dans le monde, de trouver sa place quand il y en a que pour l'immaturité de l'adolescence et les trop grandes responsabilités de la vie d'adulte. Le choix impossible. Garder sa part d'enfance ou l'abandonner pour une vie cynique et ennuyeuse. C'est à cette croisée de chemin que se trouve Frances Ha. Le film le plus moderne de 2013 - même s'il est en noir et blanc.


3. MUD
MUD est un grand film ample sur l'Amérique, sur ce pourquoi elle fascine tant, son humanisme comme sa violence, ses idées noires comme ses beautés les plus sublimes. MUD est un film sur l'initiation, sur l'apprentissage de la violence, sur l'apprentissage de l'amour. Parce que ce dernier ne peut se faire qu'avec le premier.



4. MA MEILLEURE AMIE, SA SOEUR ET MOI
Le quatrième film de Lynn Shelton est, comme à son habitude, dépouillée. Trois personnes, un garçon, sa meilleure amie et la soeur de sa meilleure amie, dans une maison perdue au pied d'un lac. Et de cet étrange huit-clos ressort un film plein de quiproquos à la fois à mourir de rire mais aussi d'une tendresse infinie. Mumblecore dans l'esprit, Ma Meilleure amie, sa soeur et moi parle au coeur, à tous ces sentiments qui ont forcément inondé votre esprit un jour, de la jalousie à l'amour, de l'amitié aux liens puissants de la famille.


5. GRAVITY
Est-ce qu'il me restera quelque chose de GRAVITY une fois le film passé sur petit écran ? Probablement pas. Le film de Alfonso Cuaron est une expérience sensitive, un film à la frontière de l'expérimentation dont le salut (commercial) vient en grande partie d'un scénario de film catastrophe finalement assez déjà vu. Les sensations inédites qu'il provoque font la (grande) valeur de Gravity.


6. GIMME THE LOOT
C'est comme ça que j'aime le cinéma, simple, tendre, humain. Derrière des apparences un peu foutraque, Gimme The Loot est un beau film d'aventure urbaine, raconté comme un conte entre rencontres insolites, petites et grosses galères et porté par un duo d'acteurs incroyables, notamment Tashiana Washington, désarmante de naturel.


7. THE HIT GIRLS
L'âge d'or de la "nouvelle comédie américaine" est passé depuis quelques années maintenant (2008, que tu étais belle - et drôle !). Ca n'empêche, parfois, il se produit des petits miracles. Dix ans après Mean Girls, une nouvelle comédie vient prouver que les blagues de filles qui s'assument avec fierté, c'est aussi (voire plus) drôle que les blagues de mecs auxquelles cette "nouvelle comédie US" (et l'ancienne aussi surtout) nous avait habitué depuis... toujours. Le rythme est frénétique, le ton hystérique, les blagues sous amphet' et le casting démentiel.

8. LA VIE D'ADELE
Soyons honnête : La Vie d'Adèle est le premier film d'Abdelatif Kechiche que je vois. Ce qui m'a attiré dans ce nouveau film, c'est le sujet, l'histoire d'amour. J'aimais bien l'idée de vraiment parler de la façon dont on tombe amoureux, de ce qui ce déclenche quand le sentiment devient plus fort que tout. J'aimais bien l'idée de traiter de l'adolescence et du passage à l'âge adulte sans chichi, avec un vrai naturalisme. Et j'ai pas été déçu - à l'exception peut-être de ce prêchi-prêcha littéraire, pour le coup, pas très "naturaliste". C'est beau, vrai, brut et d'une tendresse infinie - même dans ses moments les plus durs.

9. THE PLACE BEYOND THE PINES
Raconté en trois chapitres bien distincts, les procédés scénaristiques (changement de point de vue et ellipse) pourraient paraître un peu surfaits mais fonctionne parfaitement, transformant le polar en grande fresque familiale où la tragédie se confond avec la tendresse, les grands sentiments avec l'intime. Un grand portrait de l'Amérique ouvrière.



10. PACIFIC RIM
Parfois, le bonheur au cinéma est aussi simple qu'un robot géant affrontant un gros monstre extra-terrestre géant juste éclairé par les néons fluorescents d'une mégalopole asiatique. Parfois,  il ne faut que ça à la condition que l'histoire soit bien racontée, sans les chichis scénaristiques auxquels les blockbusters récents (Marvel, Go Fuck Yourself !) nous ont habitués. C'est ça Pacific Rim, un plaisir enfantin, simple et moderne, synthèse parfaite de l'efficacité des blockbusters 80's et 90's et des technologies numériques les plus avancées. Le premier vrai (bon) blockbuster de l'ère 3D.